Tes cheveux crépus ne poussent pas… ou ta routine ne te permet-elle pas de conserver assez de longueur ?
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Tu étires une mèche pour vérifier ta longueur. Elle arrive encore aux épaules.
Un an plus tôt, elle arrivait déjà au même endroit.
Alors la conclusion te paraît évidente : tes cheveux ne poussent pas.
Tu ne l’as pas inventée. Tu compares simplement ta longueur de départ à celle que tu vois aujourd’hui. Et puisque le résultat semble identique, tu en déduis que rien ne s’est passé entre les deux.
Mais deux longueurs identiques à un an d’intervalle ne prouvent pas forcément une absence de pousse. Elles peuvent aussi cacher tout ce qui a poussé, puis disparu en chemin.
Et tant que tu penses avoir uniquement un problème de pousse, toute ta recherche part dans la même direction.
On commence.
Quand tu crois manquer de pousse, tu cherches forcément à la stimuler
Tu recherches une nouvelle astuce pour faire pousser tes cheveux crépus. Une huile, un sérum, des compléments alimentaires, des massages du cuir chevelu ou un produit qui promet d’accélérer la pousse.
À chaque fois, tu espères enfin dépasser cette longueur qui semble ne jamais bouger.
Mais lorsque le nouveau produit ne change pas le résultat, tu ne remets pas forcément ton diagnostic en question.
Tu te dis plutôt que l’astuce n’était pas assez efficace, que tu ne l’as pas utilisée assez longtemps ou qu’il te faut encore trouver le produit qui fonctionnera vraiment sur tes cheveux.
Puis, à force de ne voir aucun changement durable, tu peux commencer à chercher le problème dans ton organisme : ton alimentation, tes hormones, ton stress ou ta génétique. Tu peux même consulter un dermatologue ou un trichologue, persuadée d’avoir un problème de pousse.
Explorer ces pistes lorsqu’un véritable trouble est suspecté est parfaitement légitime. Mais pendant que tu cherches tout ce qui pourrait empêcher tes cheveux de pousser, une autre question reste souvent absente :
Que devient la longueur qui pousse déjà ?
Pendant ce temps, ta routine reste hors de l’enquête.
Tu ne penses pas forcément à remettre ta routine en question, parce que tu as le sentiment de faire ce qu’il faut.
Tu utilises des produits présentés comme adaptés aux cheveux crépus. Tu fais tes soins. Tu hydrates tes cheveux. Tu essaies de les manipuler avec précaution. Et le jour du wash day, ils sont doux et plus faciles à démêler.
Cette douceur te rassure. Elle te donne une preuve immédiate que tes soins fonctionnent.
Alors, si ta longueur ne change pas, le problème doit forcément se trouver ailleurs : dans la lenteur de ta pousse, dans la nature de tes cheveux ou dans ton organisme.
Pourtant, le fait qu’une routine soit composée de soins ne prouve pas qu’elle serve réellement ton objectif de longueur. Et le fait qu’un produit rende tes cheveux doux aujourd’hui ne dit pas encore ce qu’il permettra à tes pointes de conserver dans six mois.
Une routine peut améliorer la sensation de tes cheveux après le soin sans empêcher tes longueurs de s’affiner progressivement.
Autrement dit, la douceur obtenue le jour du wash day peut te rassurer sur ta routine sans répondre à la question qui compte pour ton objectif.
Ce que ta longueur actuelle ne te montre pas
Imagine que tes cheveux gagnent plusieurs centimètres au cours de l’année.
Pendant ce temps, les pointes les plus anciennes se fragilisent. Elles deviennent plus fines, se cassent ou perdent progressivement leur densité. Puis vient le moment où tu dois les couper.
Quelques centimètres disparaissent et tes cheveux reviennent au niveau des épaules.
Lorsque tu compares ta longueur de départ à ta longueur finale, tu vois le même résultat. Tu conclus donc qu’ils n’ont pas poussé.
Mais la pousse a pu avoir lieu. Ce qui manque sur la photo finale, c’est peut-être la longueur que ta routine n’a pas réussi à préserver jusqu’au bout.
Et tu ne perds pas ces centimètres uniquement le jour où la coiffeuse les coupe. Ils se sont dégradés progressivement.
La coupe révèle simplement la partie de ta longueur qui ne tenait déjà plus.
Le retour régulier aux ciseaux n’est donc pas nécessairement un événement séparé de ta stagnation. Il peut être précisément ce qui efface, année après année, les centimètres que tu essaies de gagner.
Une longueur présente n’est pas toujours une longueur réellement conservée
Il est aussi possible d’atteindre une certaine longueur lorsqu’on étire une mèche et de croire que tout va bien, alors que l’ensemble de la chevelure s’affine progressivement vers les pointes.
La longueur est encore là, mais une partie est déjà compromise : les pointes deviennent transparentes, la densité n’est plus la même qu’aux racines et une coupe plus importante finira probablement par être nécessaire.
C’est pour cette raison que la rétention de longueur ne se mesure pas uniquement au nombre de centimètres visibles.
Elle se mesure aussi à la qualité de la longueur conservée :
- Tes cheveux dépassent-ils progressivement leur niveau habituel ?
- Gardent-ils une densité satisfaisante jusqu’aux pointes ?
- Dois-tu toujours retirer une grande partie de ce que tu viens de gagner ?
Une longueur que tu vas devoir recouper parce qu’elle s’est déjà trop affinée n’a pas été réellement retenue de la même manière qu’une longueur restée viable.
Demande une autre preuve à ta routine
Il ne s’agit pas de nier tous les efforts que tu as fournis ni de décider que chacun de tes produits est mauvais.
Il s’agit d’arrêter de considérer ta routine comme innocente avant même de l’avoir évaluée sur ton véritable objectif.
Au lieu de lui demander uniquement :
« Est-ce que mes cheveux sont doux après mes soins ? »
Demande-lui aussi :
« Est-ce qu’elle me permet, au fil des mois, de conserver davantage de longueur tout en gardant une bonne densité jusqu’aux pointes ? »
La douceur reste agréable et utile. Mais elle est une sensation immédiate, pas la preuve finale qu’une routine protège suffisamment ta longueur dans le temps.
Si tes cheveux reviennent toujours au même stade, la question n’est donc peut-être pas seulement :
« Comment puis-je les faire pousser davantage ? »
La question qui peut réellement changer ton parcours est plutôt :
« Ma routine est-elle conçue pour me donner de la douceur aujourd’hui ou pour conserver la longueur qui pousse ? »
Et si tu avais simplement regardé au mauvais endroit ?
Pendant tout ce temps, tu as peut-être cherché ce qui empêchait tes cheveux de pousser, alors que personne ne t’avait appris à observer ce qui faisait disparaître ta longueur.
Tu n’as pas nécessairement besoin d’une nouvelle astuce. Tu as d’abord besoin d’un critère qui te permette de juger ta routine autrement.
La prochaine fois que tu penseras : « Mes cheveux ne poussent pas », ne regarde pas uniquement la longueur à laquelle ils s’arrêtent.
Regarde aussi ce que ta routine t’oblige régulièrement à couper, l’évolution de ta densité jusqu’aux pointes et la quantité de longueur qu’il te reste réellement plusieurs mois plus tard.
Parce que tes cheveux ne sont peut-être pas incapables de pousser.
Ta routine ne t’aide peut-être simplement pas encore à garder assez de ce qui pousse.
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Rokhya, coiffeuse spécialisée dans les soins capillaires des cheveux crépus